Chapitre Un.
Berlin. Capitale d'Allemagne depuis la chute du mur, le 1o novembre 1989. Exactement un peu plus de deux ans après ma naissance. Depuis cet évènement, elle est la ville du commerce, des échanges mondiaux, de meurtres, d'attentats de trafic de drogue, de la résidence de la chancelière, de la vie scolaire et j'en passe. Je pense à tout et n'importe quoi. Mais si j'en parle c'est parce que depuis quelques jours, on y célèbre le dix-huitième anniversaire de la réunification de notre pays. Ca fait la une des journaux télévisés comme chaque année. En plus de cela, on y parle même en cours. A force je m'y habitue et m'en lasse. J'écris sur cette foutue feuille à grands carreaux pour rédiger un exposé sur ce thème, que le professeur d'Histoire et de Géographie nous a imposé. Quelle poisse, on doit le faire individuellement et là, je me fais chier à réfléchir à ce que je pourrai écrire. Depuis une heure que je suis dans la mini-médiathèque du lycée et je n'ai écrit qu'une phrase. Ca m'énerve, le sujet m'inspire pas et pourtant je le trouve intéressant. Je détache un instant mon regard de cette page vide, étourdi d'être scotché à la phrase écrite.
D'autres étudiants sont dans la salle. Soit ils lisent des livres, soit ils font leur devoir, font des recherches sur les ordinateurs ou encore parlent entre eux. Je suis seul assis à une table, mes amis sont rentrés chez eux, enfin si on peu appeler ça des amis. Je ne les pas trop, sauf un. J'en ai très peu mais cela me suffit. Je ne cherche pas à avoir une réputation digne d'un bad boy. A propos de bad boy, il y en a pas mal dans ce bahut. Moi, je ne suis qu'un simple androgyne très peu apprécié mais cela ne me dérange pas. Tant que je n'ai pas d'emmerdes, c'est bon. Je suis tiré de mes pensées par la sonnerie. Il est 13hoo, je vais pouvoir rentrer chez moi. Je range mes affaires dans mon sac à dos sans précipitation comme certains le font. Mon bus ne vient que dans vingt minutes alors je pourrai encore fumer tranquillement une cigarette et peut-être même voir le professeur d'arts plastiques. Je dois lui rendre mon dessin que j'ai dû terminer chez moi. Je suis un des dernier à sortir de cette pièce, je marchai paisiblement quand quelqu'un me percuta à l'épaule. Je me tournai donc vers cette personne, surpris. Il s'est retourné, je dis bien « il » car c'est un gars. Il me regardait dans les yeux, je le dévisageai rapidement. Il avait le look d'un bad boy. Vêtements hyper larges et des cheveux blonds coiffés en dreads. Il doit être nouveau car je ne l'ai jamais vu encore ici. Je ne sais pas pourquoi mais je le trouve sympathique au niveau de l'expression de son visage. C'est bien la première fois.
« Je suis désolé ... Je suis maladroit, me dit-il avant de disparaître. »
Etrange tout de même ce gars, on aurait cru qu'il avait peur de quelque chose. Mais bon, je m'en souciais plus de toute façon. Je me suis mis à remarcher, et sans vraiment me rendre compte, je repensais à ce jeune homme qui m'a bousculé. Son comportement me bouleverse. Ce regard si profond, puis son excuse. Il est parti si vite après. Je n'ai jamais vu quelqu'un réagir de cette manière. A propos de ça, il me fait penser à un des personnage de la République Fédérale Allemande, du film « Goodbye Lenin », qui s'est comporté de cette manière avec un habitant de la République Démocratique d'Allemagne. D'après les coutumes, même après la chute de ce fameux mur, tout le monde a gardé les habitudes de cette époques, beaucoup moins visibles aujourd'hui. Peut-être que moi aussi. Mais c'est fou, je n'arrête pas depuis toute à l'heure de parler de ce fichu évènement. Il faut vraiment que je me change les idées. En plus, j'étais tellement plongé dans mes pensées que je n'ai même pas remarqué que je suis d »jà dans les rues de Berlin. En fait, je ne voulais pas par hasard fumer une clope ? Je ne me fis pas prier plus longtemps et me sortis le paquet de Malboro de la poche droite de mon slim, pris une cigarette que je portai à mes lèvres et l'alluma. Au loin, je pouvais voir l'arrêt de bus. Il y a toujours comme une foule impressionnante d'élèves qui attendent le véhicule en question. Tu ne peux même pas t'assoir, c'est chiant. Quand j'arrivai enfin à ce petit abris, le mégot se trouvai déjà sur le sol. Le truc qui t'énerve le plus, c'est quand t'arrive à cet endroit, tous te regardent comme des cons. Ou bien chuchotent des trucs comme « Ah, il y a un tel et un tel qui prend le bus ». Les trucs pas intéressants du tout. Bon hein, je vais arrêter de me plaindre parce que ça va finir par m'énerver encore plus. Tant que j'y pense, je dois tout de même penser à rendre mon dessin car je ne l'ai pas fait avant. Je ne veux pas me ramasser un zéro à cause de ça. Je ne le me permettrai jamais.
Le bus arriva enfin, je laissai les jeunes passer avant moi. C'est vraiment désespérant car ils se ruent comme des gamins de dix ans vers l'entre du poids lourd. C'est leur problème de toute façon. Je suis le dernier à passer, enfin, je passe toujours en dernier. Je ne veux jamais me faire bousculer. Ils me regardent tous comme s'ils étaient pressés que le bus démarrent car le chauffeur, qui semble être intelligent, attends toujours que tout le monde soit installé. Je trouvai enfin une place de libre juste devant un gars d'une carrure énorme. Rien quand le voyant, il me donnait la chair de poule. Son regard me faisait peur. J'avais l'impression qu'il surveillait chacun de mes gestes. Je me sentais vraiment mal à l'aise et me maudissais de m'être assis ici. Je ne répliquai rien car je sais exactement qu'avec lui, il ne faut jamais chercher d'emmerdes sinon il serait capable de te tuer. Si je n'étais pas seul, je ne m'aurai pas autant soucié pour ma peau. Là, j'ai vraiment peur. Je sentais un de ses bras effleurer mes cheveux. Une énorme onde d'angoisse m'envahit. J'essayais de l'ignorer en regardant par la fenêtre car il recommençait son geste. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis imaginé qu'il m'espionnait comme les membres de la Stasi lors de la présence du mur. Je me faisais encore plus peur avec mes idées tordues. Je voudrai qu'il s'arrête. Dieu, mais fait donc quelque chose ! Non, ça ne va pas arranger les choses si j'appelle un Dieu qui pour moi, n'existe pas. Heureusement que le prochain arrêt où
Je sors habituellement, n'est plus très loin. Il va enfin me laisser tranquille.
Le bus s'arrêta. Je pris mes affaires et me levai pour sortir. Un bras puissant me tira. Je savais que c'était lui. Je baissai le regard pour ne pas croiser le sien mais par contre lui, cherchait le mien. Je me débattais mais rien à faire. Je suis plus faible que lui. A l'aide de ses doigts qu'il posa sous mon menton, il me lève la tête pour que je le regarde. Je fus tétanisé par l'expression de son visage. Un sourire au coin des lèvres. Je tremblai de peur. Que va-t-il me faire ? Il me tira contre lui, m'obligeant à m'assoir sur le siège à côté du sien. Je ne pouvais même pas rechigner. Il me maintenait très fort par le bras. Je ne le regardais pas. Une de ses mains me caressait le dos. Je suis dégoûté, dégoûté. Le bus repris son chemin. A cause de lui, je ne peux même pas rentrer. En même temps, c'est de ma faute car je n'osais pas lui répliquer quelque chose. Je ne suis pas assez courageux. Je n'ose même pas imaginer ce qui va m'arriver comme horreur ce soir. Je collai mon dos très fort contre le dossier du siège afin de lui faire mal. Je veux qu'il arrête ses caresses dans mon dos. Bientôt, il ne tarda pas à l'enlever en hurlant de douleur.
« Connard, tu vas le payer ce soir ! D'ailleurs, je suis sûr que tu va aimer. Ca fait des semaines que je rêve te ... Hum ... Ca m'excite déjà ... »
Des larmes me montèrent aux yeux. Pas ça. Je savais exactement ce qui m'attendait. Je suis sa victime. Je m'explique plus clairement. Au lycée, beaucoup de jeunes filles et de gays ont été victimes de viol par lui et avaient du ma à s'en remettre. En pensant à cela, les larmes dévalèrent sur mes joues. Je ne le voulais pas. Je suis impuissant, je ne fais rien. Personne ne m'aidera, je m'en suis toujours sorti tout seul. Après un temps de lassitude, il me lâcha et fini par me laisser tranquille. Je m'éloignai un peu de lui, mais il n'était pas du même avis et me tirait encore plus vers lui. Je suis atteint de violents spasmes. Il n'y prêtait aucune attention. Je dois absolument trouver une solution pour lui échapper. Cela est mon point fort. Le bus s'arrêtera dans quelques instants. Pas loin de l'arrêt se trouvait une pharmacie, un bar avec des putes. Génial, je ne trouvais toujours rien. Devant, tout devant, je vis le gars que j'avais croisé après être sorti de la médiathèque du lycée. Le bus s'arrêta comme prévu.
« Euh .. Mon cousin m'attends dehors, j'avais prévu de passer le voir ce soir. Désolé mais tu peux me lâcher ? Je dois y aller.
- Menteur. Non, tu restes là. J'ai trop envie de toi. »
Le bus se vidait, tout le monde sort apparemment ici, sauf le blond qui est resté assis. Je devais faire quelque chose. Je ne pouvait pas rester là et me laisser faire. Bon sang, je suis adulte maintenant et je suis censé me débrouiller tout seul, merde ! Après une longue hésitation, je tournais mon visage vers lui, il me regardait. Non, il m'admirait perversement. Je ne sais pas comment j'en suis arrivé là mais je lui ai craché dans l'½il et il m'a lâché pour de bon. Je me suis levé d'un coup, il hurlait que je devais rester ici. Il se cachait l'½il en hurlant toujours la même chose. Le dreadeux s'est retourné vivement vers moi, surpris. J'étais toujours en pleurs. Je courais presque vers la sortie avant que le bus ne redémarre car encore une fois le bus s'était arrêté à un arrêt. Cette fois, le jeune bad boy me suivit, enfin je veux dire qu'il est aussi sorti. Mon agresseur n'a pas réussi à m'avoir puisque la porte du bus s'est refermée devant lui. Il n'a pas cherché à me rejoindre, à mon avis car le bus s'éloignait au loin. Le lieu où j'ai atterri était un endroit où a été construit le mur car on pouvait voir justement encore un morceau de ce mur qui se dressait pas loin de moi, en guise de mémorial. L'endroit était assez froid et me donnait la chair de poule. Je ne suis jamais passé par ici. Je ne trouvais pas ma place dans ce quartier. Je me dépêchai alors de marcher et trouver le bon chemin pour pouvoir rentrer chez moi. Mon portable se mit à vibrer. Je le pris en main et regardai. Un nouveau message d'Andreas :
« Hey ! C'est quand que tu viens ? Je te rappelle que tu es censé venir chez moi pour l'exposé en Histoire, il y a une heure déjà ! Réponds-moi. Bisous. »
Je jette un bref coup d'½il sur l'heure et constate que je suis vachement en retard, il est déjà 15h3o ! Et puis, il n'a qu'a se débrouiller seul, de toute façon c'est un exposé individuel alors ... Je ne me fis pas chier à l'appeler ou à lui envoyer un message parce qu'il commence vraiment à me souler. Je me demandais encore comment je fais pour parler à ce con. Mes pensées dérivèrent à nouveau à cet exposé, putain. A cause de lui. En plus, il y avait des affiches sur ce sujet dans tous les recoins des rues. Je n'ai vraiment pas de chance, aujourd'hui. Les affiches ressemblaient à des propagandes, c'est ça le pire. Des propagande sur le parti communiste « Die Linke », dont l'origine vient encore de l'ancienne République Démocratique d'Allemagne. Mais puis quoi encore ils sont malades ! Ils n'ont qu'a se faire cuire un ½uf. Leur régime ne ressemblait pas à une démocrate mais plutôt à une dictature. J'ai pas envie de me retrouver dans un pays comme à l'époque d'Hitler non plus. Je ne veux pas me retrouver dans un pays en guerre. Je m'énerve toujours pour un rien. Il serait temps que cette célébration s'arrête, je n'en peux plus de tout ce mouvement. Tout en pensant, je remarquai que je reconnaissais ce lieu. Je suis enfin arrivé dans mon quartier. Soupir de soulagement. Je repris mon portable en main pour voir l'heure et j'ai encore eu trois autres messages de l'autre. Il s'inquiète pour moi, c'est une nouvelle ça. Je n'ai lu que le premier message car je sais que les deux autres seront les mêmes. Dès que l'on ne réponds pas, comme un con, il envoie toujours le même message. Il me désespère. En fait quand j'y pense, il est déjà 16h5o. Dîtes donc, j'ai beaucoup marché. Trop choqué. Je ne suis plus très loin de ma maison. Je vis seul de toute manière alors je n'ai pas besoin de me dépêcher.
Enfin, je suis arrivé, après avoir ouvert la porte que je jetai déjà mon sac dans le hall d'entré. Je vais avec joie dans la cuisine où je me stoppai net, mort de peur. Devant moi se tenait le gars à l'ossature énorme. Comment a-t-il réussi à entrer ici ? Il me regardait toujours aussi perversement, avec ce sourire au coin. Je vais souffrir ce soir ...
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Chapter One closed. To be Continued ...
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Pour être prévenue : elodie.0404@hotmail.fr (n'oubliez pas de préciser que c'est pour la fiction que vous m'avez ajouté, merci)